Mercredi 9 décembre 2020

Jour de colère (Esaïe 63,1-6)


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Le contraste est saisissant, comme un dies irae (jour de colère), qui explose à l’intérieur de la vision irénique et bienheureuse du prophète. Un homme mystérieux apparaît, non pour rétablir, mais pour anéantir, en foulant au pied ses ennemis. Sa fureur explose dans un bain de sang, et il écrase certains, comme on passe le raisin au pressoir. Et c’est du sang qui sort des cuves, en éclaboussant tout. La colère divine a terrorisé des générations de croyants et si elle a donné naissance à des œuvres vocales magnifiques, comme le Requiem de Verdi, elle a aussi permis de cautionner des violences et des guerres commises au nom de Dieu et des Eglises. Et si Dieu a le pouvoir de détruire ce qu’il a créé et que sa colère s’enflamme contre les injustices et les malheurs commis par les humains, il est bon de mettre en lumière cette dimension théologique face au Christ en croix, dont le sang versé abolit tout sacrifice et toute expiation, même si nous avons tendance à les réitérer encore et toujours. Les bouffées de colère que nous prêtons au divin se sont épuisées dans la mort du Christ agonisant au supplice de la crucifixion. Son sang versé doit mettre un terme à notre fureur sanglante et nous réunir autour de la coupe partagée en son nom.

Laurence Mottier-Cochet

Prière: Seigneur, prends pitié de nos bouffées de fureur qui peuvent faire tant de mal. Que nos colères soient dirigées pour rétablir la vie et la justice, sans écraser ni maltraiter. Toi qui viens à nous comme un nouveau-né, apprends-nous à désarmer.  

Référence biblique : Esaïe 63, 1 - 6

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